| éducation, enseignement : Le géant de la Vallée des Rois
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| le 10/7/2007 4:16:40 (161 lectures) Articles du même auteur |
Date 8/8/2007 11:51:12 | Sujet : Sport
| Ceux qui ont vécu les années cinquante et soixante, les années cinéma, les années où à Rabat, le « Marigan » le « Colisée », le « Royal », la « Renaissance », « ABC », « Vox » étaient des salles obscures où on allait s’enfermer pour connaître trois heures de rêve et de vertige cinématographique, tous ceux-là donc auront senti un déclic dans leurs neurones quand ils ont lu le titre de cet article : « Le géant de la Vallée des Rois », cela renvoie au titre d’un Péplum. Péplum, on le rappelle brièvement, cela indique un film italien relatant les aventures d’ Hercule, de Maciste, de Sémiramis, des Gladiateurs, des Empereurs romains, du Colosse de Rhodes et d’autres personnages plus ou moins légendaires...
Les péplums avaient pour vedettes des acteurs aussi musclés qu’inoubliables qui avaient pour nom Steve Reeves, Gordon Scott, Brad Harris et autres Reg Park...
Blinda, issu d’une famille sportive (l’un de ses frères fut l’excellent arbitre international que le hand-ball a connu) est un personnage devenu, plus ou moins contre son gré, mythique.
Sa personnalité, son caractère, son élégance naturelle, sa force physique redoutable en ont fait un homme à la célébrité assurée.
Blinda a le sens de l’amitié et de l’honneur.
Blinda est un bon compagnon que beaucoup de personnes de différents domaines sociaux adorent fréquenter.
Il est et a toujours été un garçon moderne. Incollable sur le cinéma, le jazz ou le rock’n roll.
Il a été sur le plan sportif, handballeur international à l’O.M. (Olympique Marocain), et footballeur international au FUS.
Là, il revient des Emirats Arabes Unis et il a été, le plus naturellement du monde, contacté par le FUS, pour coacher l’équipe de foot. Mais voilà que moins de deux mois plus tard, Blinda claque la porte et tient des propos peu amènes et même amers envers les dirigeants r’batis (voir sa conférence de presse par ailleurs).
Il va falloir qu’on s’attarde un peu sur ce départ de Blinda. Car il est historique - oui, oui, il va marquer l’Histoire du foot. C’est un choc.
Le choc non pas des titans, pour en revenir au cinéma, mais le choc des conceptions du football.
Blinda évoque l’époque où de grands présidents du clubs faisaient la pluie et le beau temps, et assumaient tout.
Là il retrouve un FUS où planent l’ombre des technocrates.
Blinda ne conçoit pas cette intrusion. Technocrate, ça a beau avoir la même syllabe, ça a beau commencer pareil, ça ne veut pas dire technicien.
Alors il rue dans les brancards, Blinda, et il dénonce. En un baroud d’honneur aussi beau qu’inutile car aujourd’hui les technocrates sont partout.
Fini le temps des dirigeants aisés, amoureux du football et qui se ruinaient avec extase pour maintenir leur club.
Aujourd’hui, le foot c’est aussi, l’échelle des salaires, la grille des revenus, des barèmes financiers, des courbes d’évolution, des plans de gestion, et du revenu obligatoire.
Ce n’est pas Aulas président de Lyon, qui va faire le foot pour le foot, comme l’ont fait avant lui Germain « Reims » ou Roger Rocher (St Etienne).
Aujourd’hui le football est un produit, les joueurs des marchandises (encore hors-taxes - mais plus pour longtemps) et les entraîneurs des attachés techniques à la direction.
Oui, oui, c’est comme ça en Europe, et ça arrive lentement mais sûrement au Maroc. C’est le progrès annoncé, l’évolution que tout le monde réclame, sans savoir de quoi on parle, en évoquant le football d’entreprise.
Ce n’est pas seulement une différence d’opinion ou d’humeur qui a provoqué la séparation entre Blinda et le FUS, mais c’est une incompatibilité d’époque. Et Blinda est dans le mauvais courant de l’Histoire.
Fini le temps des chevaliers de la balle ronde ... qui partaient sabre au clair, voici venu le temps des col-blancs avec leur « Mac » avec leur clavier, leur brainstorm, leur plan d’expansion et leur budget accordé selon performances.
Voici le temps où les « artistes » seront jugés par les costumes cravates. C’est à ça que Blinda crie non.
Mais ce « non » va résonner comme un chant du cygne.
Beau, pathétique, mais inutile. Le sort en est jeté. Quelqu’un a dit de la guerre, « qu’elle est trop sérieuse pour être laissé aux militaires » (on sait que ces derniers n’exécutent que ce qui est décidé par les politiciens)...
On dit la même chose à peu près du football, on commence à penser de plus en plus sérieusement que le football est une chose trop importante pour être laissé aux footballeurs.
Le pouvoir change de main.
L’Histoire tranchera, et dira si c’est le bon choix. En attendant Blinda pourra se consoler avec un vieux vinyle qu’il a sûrement dans sa collection de disques.
C’est le moment de réécouter Bob Dylan et son tube « Times they are changing » (les temps changent...). Et c’est aussi l’occasion de se revoir un bon film. Un western cette fois. « Le dernier des Mohicans » par exemple où l’on voit un chef indien dernier de sa tribu, et quoique ayant triomphé de ses ennemis, chanter la fin de son époque.
Parce que si rien ne finit jamais, tout se transforme, tout change. Où l’on s’adapte où l’on passe son chemin.
Blinda a choisi la deuxième voie. IL est ainsi entré en pleine ligne droite, celle de l’arrivée, celle de la légende.
A un de ces quatre, Abdallah.
source : www.lopinion.ma
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