

| éducation, enseignement : Les exportations marocaines dans le commerce mondial Deuxième et dernière parti
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| le 10/7/2007 4:14:12 (233 lectures) Articles du même auteur |
Date 18/7/2007 11:40:35 | Sujet : Economie
| Comment faire une promotion réussie et efficace sans une offre exportable diversifiée ? Comment diversifier en tenant compte des exigences de la compétitivité ? La promotion du commerce n’est pas possible sans la promotion de la compétitivité, ce sont les deux facettes d’une même médaille.Sans prétendre à l’exhaustivité, cet exposé s’articule autour de trois axes. Le premier concerne l’état des lieux de notre commerce extérieur en liaison avec la stratégie d’insertion du Maroc dans l’économie mondiale. Le 2ème axe concerne les choix de politique économique qui répondent au défi de la compétitivité et le 3ème est consacré à ce qui reste à faire pour ériger les exportations en un véritable pilier de la croissance économique et sociale.
Le Maroc a été qualifié de bonne élève qui peut mieux faire mais surtout qui doit mieux faire. Un préalable incontournable : faire du développement des échanges extérieurs et des exportations un choix volontariste effectif et non un choix affiché ; autrement dit définir clairement une stratégie de croissance fondée sur une intégration à la dynamique du commerce international à travers une stratégie globale déclinée en plans d’action sectoriels. Celle-ci suppose une clarification du rôle des acteurs en prenant en considération le niveau de développement de notre pays, soit la maturité de ses structures productives. Ces acteurs sont l’Etat, le secteur privé et les associations professionnelles.
Quel rôle pour l’Etat ?
Le retrait de l’Etat des activités de production de biens et de certains services n’exclut pas le maintien de ses compétences dans des domaines où son intervention est nécessaire dans un pays qui n’a pas encore gagné la bataille du développement. Ses fonctions d’impulsion et de coordination des activités privées se reflètent à travers les concepts avancés d’Etat stratège et d’Etat coach : • Un Etat stratège qui partage la stratégie à travers le dialogue et la concertation, • Un Etat coach, entraîneur qui signe des contrats de croissance avec les entreprises. Ces concepts sont illustrés par les cas du tourisme et de l’artisanat, notamment, pour lesquels l’Etat a veillé à la définition et à l’impulsion des politiques sectorielles. - L’Etat est invité à approfondir sa stratégie multisectorielle. Si l’Etat a mis l’accent sur les métiers mondiaux du Maroc à travers le plan Emergence, il est invité à généraliser les contrats programmes à tous les secteurs concernés par ce plan ; mais plus encore, il est invité à prendre en charge le secteur de l’agriculture et de la pêche qui comprend 45% de la population active, et ce, par la mise en œuvre d’une stratégie de développement claire et articulée autour des axes suivants : Redynamisation des filières agricoles à fort potentiel à l’exportation : fruits et légumes, conserves végétales, produits de l’olivier. • Exploitation de créneaux porteurs : fruits précoces, plantes aromatiques et médicinales, produits biologiques et de terroirs … • Intégration des filières et synergies avec l’amont dans le cadre d’un partenariat entre producteurs et transformateurs • Valorisation de la production et offre de produits finis à forte valeur ajoutée • En outre, l’Etat est sollicité pour accélérer la réforme portuaire et faire de la logistique un déterminant de la compétitivité et pour mettre en place un guichet unique virtuel à travers le plan national de simplification des procédures et de généralisation de l’EDI – Echange de Données Informatisé. •L’Etat est invité à mettre en place un observatoire pour assurer la veille commerciale et concurrentielle ; l’intelligence économique étant au cœur de la compétitivité. •L’Etat est invité à assouplir sa politique de change et à réduire sa pression fiscale pour la mettre au niveau de la concurrence. Il est à souligner que la question de la convertibilité du dirham a été longuement débattue ; des dispositions transitoires vers une convertibilité totale seront annoncées dans les semaines qui viennent ; il a été démontré que le taux de change, en termes réels, a connu une dépréciation depuis 2000 et que les variations du taux de change affectent plusieurs variables économiques et pas seulement les exportations. Quant à la fiscalité, l’objectif du gouvernement est de stabiliser la pression fiscale en élargissant l’assiette et en baissant les taux d’imposition. • L’Etat est invité à un ajustement constant de sa politique de formation en anticipant les besoins de l’entreprise et à promouvoir la politique et Recherche & Développement. • L’Etat est sollicité pour une vision clarifiée de la politique de promotion des exportations une fois les préalables posés, soit la compétitivité et la diversification dans le cadre d’un partenariat public/privé combinant vision du politique et élan de l’économique. Qu’en est-il de la structure de l’organisme de promotion des exportations ? S’il est admis qu’il n’y a pas de modèle universel, des principes généraux ont été dégagés : • Partenariat public/privé, • Renforcement des moyens financiers et coordination de ces moyens • Promotion proactive et proximité sur des marchés identifiés comme prioritaires et donc promotion différenciée selon l’importance des marchés, • Dispositif de soutien au niveau régional • Communication forte et structurée • la lumière de ces différentes propositions, on constate que l’Etat reste, certes, l’acteur principal pour faire des exportations un vecteur essentiel de la croissance et du développement mais il est heureux de constater que l’Etat n’est plus sollicité, seulement, à travers des considérations relatives aux incitations mais la recherche des performances est analysée en fonction de variables économiques relatives aux capacités et à l’amélioration des forces de l’entreprise comme la formation, l’efficacité des systèmes de gestion, l’innovation, la recherche appliquée, c²est-à-dire des facteurs structurels pour améliorer la productivité et partant la compétitivité. Quant à l’entreprise, elle est appelée à remédier à l’émiettement de l’offre par des restructurations et des regroupements. Elle est invitée à améliorer la valeur ajoutée de ses produits, à intégrer les normes et standards internationaux dans les systèmes de production. Elle est appelée à se moderniser, en accédant à l’économie du savoir, en utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui transforment les conditions de production et d’organisation des entreprises. Internet joue un rôle fondamental dans la maîtrise des enjeux de la compétitivité et offre des opportunités de réduction des coûts : approvisionnement, ventes, organisation interne etc… Pour gagner la bataille du développement, il faut gagner la bataille de l’intelligence ! L’exportateur est certainement un des acteurs qui devrait tirer le meilleur profit du réseau Internet qui lui permet d’être à l’écoute du monde, d’autant plus que l’économie des réseaux s’accommode mal des frontières. L’entreprise est appelée à diversifier ses débouchés. Pour ce faire, elle est appelée à intégrer la culture de l’assurance et à se couvrir contre les risques commerciaux et non commerciaux dans un monde caractérisé par une montée des risques de toute nature, économique, financier, politiques, géostratégiques et systématiques. Quant aux associations professionnelles, elles sont invitées à être l’interface et les partenaires de l’entreprise. Elles sont invitées à réinventer le débat, à être une force de propositions pour un secteur privé fort face à un Etat qui doit, également, être fort. Elles sont appelées à encadrer les entreprises et à les aider à mutualiser leurs coûts et leurs risques afin de faciliter leur accès au marché international. Les consortiums d’exportations constitués en sont un bon exemple. En conclusion, il y a lieu de rappeler que l’acte d’exporter est complexe. Toutefois, il est important de signaler que l’option du développement des exportations n’exclut pas le choix du développement du marché intérieur ; bien au contraire, celui-ci, peut contribuer à l’amélioration des performances de notre commerce extérieur ; le développement de l’intégration sectorielle est en mesure d’améliorer la valeur ajoutée locale contenue dans les exportations et devenir ainsi un levier appuyant les exportations par des économies d’échelles. Le défi est de profiter des opportunités offertes par l’ouverture en renforçant le 2ème pilier de la croissance, celui des exportations. Bâtir la croissance économique sur ses deux piliers, demande interne et demande externe, est la meilleure façon de réussir notre décollage économique. C’est peut être une vérité pure et simple sauf que la vérité pure et simple est rarement pure et jamais simple !
Par Nezha Lahrichi
source :www.liberation.press.ma
Source www.smart-http.com |
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